Trois questions sur l’endométriose

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10 à 20 % des femmes seraient touchées par l’endométriose, une maladie encore méconnue et parfois taboue. Diagnostic, traitement et infertilité, le point avec le docteur Mélinda Maurel, gynécologue à Paris (8èmearrondissement) et membre du groupe Resendo (Réseau Ville Hôpital Endométriose) de l’hôpital Saint Joseph.

1/ Pourquoi le diagnostic d'endométriose tarde-t-il souvent à être posé ?

L’endométriose est une maladie largement sous-estimée notamment parce que le diagnostic est souvent compliqué à poser. Il n’y a pas de tableau diagnostic typique, car les symptômes sont variables et dépendent en partie de l’histoire, de l’âge des patientes et la localisation de la maladie. Leur intensité est aussi très fluctuante d’une personne à l’autre. De plus, certains symptômes associés comme des troubles digestifs ou sexuels sont des signes atypiques dont les femmes ne vont pas parler spontanément en consultation. Sans un entretien approfondi avec la patiente et un examen ciblé (échographie pelvienne) fait par un spécialiste de l’endométriose, on peut passer facilement à côté du diagnostic. Enfin, de nombreuses patientes supportent la douleur pendant des années sans vraiment s’inquiéter, car elles pensent simplement souffrir de douleurs de règles qu’elles soulagent avec des antalgiques. C’est une maladie peu connue, découverte récemment. Cela étant dit, des progrès ont été faits, car avant on comptait entre 7 et 9 ans entre le début des symptômes et le diagnostic, contre « seulement » 5 ans aujourd’hui.

2/ L'endométriose empêche-t-elle de tomber enceinte ?

On estime que 75 % des femmes atteintes d’endométriose tombent enceinte naturellement. Néanmoins, l’endométriose crée un état inflammatoire qui peut engendrer une maturation de l’ovule ou un défaut de migration des ovocytes, ce qui est peu propice à la fécondation. L’endométriose localisée au niveau de l’utérus peut altérer la nidation de l’embryon également. Les chances de concevoir vont donc dépendre du niveau d’endométriose dont on souffre et de sa localisation, sans qu’il y ait forcément une corrélation linéaire entre les deux. En revanche, le déroulement de la grossesse n’est pas plus compliqué et le suivi de grossesse est normal.

3/ Les traitements proposés aujourd'hui sont-ils efficaces et définitifs ?

Actuellement, on met l’accent de plus en plus sur le traitement médicamenteux, ce qui n’était pas forcément le cas avant où la chirurgie était souvent la seule option. Grâce à ces médicaments à base de progestatif ou oestro-progestatifs (la prise est généralement journalière et s’effectue en continu), nous pouvons suspendre les règles pour limiter l’inflammation. Pour la majorité des patientes, le traitement médicamenteux apporte un confort réel et ce traitement est suffisant pour avoir une bonne qualité de vie.

Parfois malheureusement (en cas d’adhérences par exemple) les douleurs perdurent. A ce moment-là la patiente est prise en charge par des algologues (des médecins spécialisés dans la gestion de la douleur), des nutritionnistes, chirurgiens etc. Mais la base de traitement reste la suspension des règles dans tous les cas. Il ne faut pas oublier que c’est une maladie chronique, qui peut évoluer tant qu’il y a une activité ovarienne, ça veut dire jusqu’à la ménopause. Le traitement doit donc être pris sans interruption, au risque de voir revenir les règles… et les douleurs. On arrête le traitement uniquement quand on a un projet bébé (les règles reviennent spontanément au bout de 4-6 semaines) et pendant la grossesse évidemment. Mais dès que l’activité ovarienne reprend, l’endométriose peut revenir progressivement.

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